Chlorokarst project : assessing and characterizing contaminated sites in karst

Principalement utilisés par l’horlogerie jusque dans les années 1970, les solvants chlorés, aujourd’hui reconnus comme polluants, se sont déposés dans le sous-sol de l’arc jurassien. Pour mieux les traquer dans cette structure géologique particulière qu’est le karst, l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) finance le projet Chlorokarst. Celui-ci regroupe des experts de l’Université de Neuchâtel et de deux bureaux de conseil en environnement, eOde et MFR.

Wasser (Symbolbild)
Image : Edith Oosenbrug

Les solvants chlorés ont été utilisés depuis les années 1920 par l’industrie horlogère notamment, où ils servaient au nettoyage de pièces métalliques. Ils sont désormais soupçonnés d’être à l’origine de la pollution de 4’427 sites rien que dans les régions karstiques de Suisse, la plupart localisés dans l’arc jurassien (sur un total de plus de 26'000 pour le territoire national). Or ces zones posent problème pour la traque de polluants.

«La réglementation sur les sites pollués de 1998 est en effet adaptée aux sites implantés en milieux poreux, mais pas aux milieux karstiques, relève Hélène Demougeot-Renard, directrice d’eOde et coordinatrice du projet Chlorokarst. Les techniques classiques d’investigation ne permettent pas d’apprécier l’impact de ces sites sur les eaux des réseaux karstiques, alors que celles-ci sont utilisées pour l’alimentation en eau potable.»

Soucieux de cette lacune, l’OFEV finance le projet Chlorokarst impliquant l’Université de Neuchâtel, ainsi que les bureaux de conseils MFR et eOde, spécialisés dans la recherche et l’étude des sites pollués. Chlorokarst vise à définir quels outils d’analyse des eaux, parmi ceux disponibles sur le marché, sont les mieux adaptés pour ces mesures.

«Contrairement au sous-sol poreux, l’eau s’écoule très rapidement dans le karst et les concentrations en solvants chlorés varient fortement et rapidement. D’où la difficulté à mettre au point une méthodologie utilisable de manière routinière par les bureaux d’ingénieurs», indique Philippe Renard, professeur au Centre d’hydrogéologie et de géothermie de l’Université de Neuchâtel (CHYN), membre du projet.

A cet égard, une catégorie de détecteurs appelés capteurs passifs intégratifs s’avère prometteuse. Ces capteurs accumulent les molécules de polluants en continu sur de longues périodes, jusqu’à obtenir des masses suffisamment importantes pour en déduire la concentration dans l’eau au niveau du site souillé. Ces résultats feront l’objet d’une présentation orale le 7 septembre à Eurokarst 2016.

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