Apporter un appui scientifique aux politiques pour relever les grands défis posés dans la durée à notre société – une mission fondamentale de la SCNAT

Le dialogue entre sciences et politiques n'est pas toujours une entreprise facile. La pandémie de Covid 19 a ainsi exigé du jour au lendemain du monde scientifique qu'il mobilise des experts dans les domaines les plus divers sans que la Suisse ne dispose d'un réseau de dialogue adapté, de par ses moyens scientifiques et de communication, à un problème sanitaire d'une telle ampleur et à son impact sociétal sans précédent. En prenant l'exemple des activités de l'Académie suisse des sciences naturelles, le présent article indique ce qui doit être mis en œuvre pour assurer à long terme un dialogue fructueux avec le monde politique.

SWIFCOB 2020
Image : SCNAT

Avec ses différents forums thématiques regroupés dans la Plateforme Sciences et Politiques (SAP), et qui sont dédiés aux grandes questions qui se posent à long terme à notre société, la SCNAT s'engage depuis près de 30 ans, conformément à son mandat, à favoriser le dialogue entre les mondes scientifique et politique (Messerli et al., 2015). En traitant des sujets comme le changement climatique (Forum ProClim), l'érosion de la biodiversité (Forum Biodiversité Suisse), l'évolution des paysages (Forum Paysage, Alpes, Parcs), la recherche génétique (Forum Recherche génétique), l'approvisionnement énergétique durable (Commission de l'Énergie) et autres, la SCNAT est devenue au cours du temps un allié scientifique important mais indépendant des politiques, en particulier au niveau national (Conseil fédéral, Conseil national et Conseil des États, offices fédéraux, etc.).

Le rôle décisif de la science

Comme le travail de la «Swiss National Covid-19 Science Task Force» l'a maintes fois démontré, la science joue un rôle décisif dans la gestion des grands problèmes de société. Bien que la lutte contre la pandémie soit une mission urgente de court terme (mais qui menace de s'installer dans la durée), on observe certains parallèles avec le rôle que joue la science dans la résolution des problèmes durables comme ceux évoqués plus haut. Dans tous ces cas de figure, les problèmes à traiter sont extrêmement complexes et ne peuvent être abordés que dans l'interdisciplinarité par une approche scientifique à la fois holistique et fouillée.

De même, les tâches à accomplir sont toujours du même type: traiter et assimiler en continu les nouvelles connaissances scientifiques et informer le public et les politiques de manière intelligible des avancées réalisées. Une des grandes difficultés consiste alors à adopter la bonne attitude face aux incertitudes inhérentes aux conclusions et prévisions scientifiques, qui jouent un rôle décisif pour la confiance que placent les politiques et la société dans la science. Enfin se pose la question épineuse de savoir si les scientifiques doivent, au vu de leurs connaissances, se contenter de présenter des possibilités d'action aux politiques ou s'il ne devrait pas être dans leurs attributions voire de leur devoir d'émettre des recommandations concrètes.

Cet article comporte tout d'abord quelques remarques sur la responsabilité et le rôle de la science dans le dialogue avec les politiques pour la résolution des grands problèmes de société. Il précise alors ce que cela implique pour les missions des académies et en particulier de la SCNAT en termes de dialogue avec les politiques. L'article décrit ensuite la manière dont la SCNAT remplit sa mission de dialogue avant de conclure sur les sujets sur lesquels ce dialogue sciences-politiques devra s'axer à l'avenir. L'enjeu n'est rien moins que la transformation de la société dans une perspective de développement durable, transformation que les institutions suisses du domaine FRI doivent soutenir en commun.

Responsabilité de la science et rôle des académies dans la résolution des problèmes de société complexes

Avec son savoir et ses innovations – en particulier technologiques – la science alimente le progrès économique et social. Mais, en corollaire, il lui incombe également la responsabilité de contribuer à l'analyse et à la résolution des problèmes engendrés par ce progrès et dont l'intensité augmente avec le niveau de vie. Le changement climatique, l'érosion de la biodiversité, la pollution par les xénobiotiques en sont des exemples. Mais aussi les problèmes dus au développement de la digitalisation et de la mobilité, notamment intercontinentale.

Pour assumer cette responsabilité, l'une des clés est de contribuer par le conseil et l'assistance à l'établissement de politiques fondées sur les preuves et connaissances scientifiques (evidence-based policy). Un tel soutien peut être apporté par le dialogue au sein des organes et institutions influant sur la politique (Conseil fédéral, Conseil national, Conseil des États, gouvernements cantonaux, offices fédéraux et cantonaux, etc.).

Le dialogue entre sciences et politiques est un projet collectif

En Suisse, il n'existe pas d'instance qui puisse prétendre être LA voix unique et représentative de la science et qui constitue donc un interlocuteur tout désigné pour le dialogue avec les politiques. Les différentes institutions du domaine de la formation, de la recherche et de l'innovation (FRI) (swissuniversities, domaine des EPF, Fonds national suisse, Innosuisse, Conseil suisse de la science, Académies suisses des sciences, etc.) jouent différents rôles dans le paysage scientifique de la Suisse et les assument également de différentes façons dans le dialogue avec les politiques et la société. Prises ensemble, elles peuvent cependant être tout à fait perçues comme la voix institutionnelle de la science dans notre pays. L'entretien du dialogue entre sciences et politiques doit donc être compris comme un projet collectif comprenant différentes phases et mettant en jeu les institutions du domaine FRI dans différents rôles.

La première phase consiste à élaborer les bases scientifiques nécessaires pour analyser et résoudre les problèmes complexes posés à la société. Elle correspond donc à la mission première de la recherche et exige d'elle qu'elle soit capable d'identifier les problèmes émergents de façon précoce pour pouvoir s'y préparer. Cette phase est absolument primordiale car tout dialogue est nul et non avenu s'il n'est pas basé sur des connaissances solides et que, sans elles, la science risque de perdre la confiance qui est placée en elle. À ce niveau, la Suisse occupe une position de tout premier ordre grâce à l'excellence de sa recherche, du moins au sein des différentes disciplines. Comme partout ailleurs dans le monde, elle a cependant encore des progrès à faire pour développer la transdisciplinarité si nécessaire à la résolution des problèmes complexes.

Une assisse scientifique très large

Dans la deuxième phase, le savoir acquis, mais également les incertitudes qui lui sont inhérentes, doit être traité et synthétisé pour pouvoir servir au dialogue avec les politiques. La complexité des sujets exige l'implication d'une grande diversité de spécialistes (venant des sciences dures, des sciences sociales, des sciences médicales et techniques, etc.). Il est donc besoin de structures dans lesquelles cet échange interdisciplinaire entre scientifiques (et praticiens associés) soit organisé et focalisé sur les problèmes majeurs de société.

C'est là qu'interviennent les Académies des sciences – les autres institutions du domaine FRI ayant d'autres missions et priorités. Avec ses différents forums et groupes de travail, la Plateforme Sciences et Politiques (SAP) de la SCNAT constitue depuis des années un tel lieu d'échange lorsqu'il est question de sujets relevant des sciences naturelles. Des scientifiques de toute la Suisse s'y retrouvent pour traiter le savoir dans un processus itératif afin de préparer le dialogue avec les politiques. Étant donné que cet engagement n'est pas rémunéré (système de milice), il exige de leur part une forte motivation intrinsèque pour contribuer au bien de la société et, de la part de leurs institutions d'origine, qu'elles les encouragent et apportent une reconnaissance à cet engagement.

Un dialogue continu avec les politiques

Dans une troisième phase, enfin, le savoir traité doit être insufflé sous une forme intelligible dans le débat politique par les différents canaux d'information et de dialogue. Cette phase exige un large réseau de connexions avec la sphère politique, une forte compétence scientifique et d'excellentes capacités de communication au sens le plus large du terme (langage, présentation, écoute active, etc.). Là encore, les Académies des sciences ont un rôle important à jouer car elles interviennent à l'intersection entre science et politique et assurent la permanence et la continuité du dialogue dans la durée grâce à l'implication de tous les membres des organes de milice et des forums dans le travail d'entretien systématique des contacts du bureau de la SCNAT.

Le processus permettant le dialogue entre sciences et politiques sur les défis posés à long terme à la société est donc marqué par l'alliance entre les institutions de recherche et les académies. Les structures de recherche et nombre de leurs têtes pensantes génèrent le savoir (phase 1) et participent à son traitement (phase 2) et à sa diffusion auprès des politiques (phase 3). Les académies offrent une structure-pivot neutre et indépendante pour les phases 2 et 3. Elles ont ceci d'indépendant qu'elles n'ont pas à rendre compte d'activités et de résultats de recherche qui leur soient propres mais sont le lieu de convergence d'une expertise plurielle.

Dans une optique d'identification précoce des problèmes, surtout complexes, la SCNAT se voit également dans un rôle croissant d'incitatrice motivant et soutenant de nouvelles thématiques de recherche interdisciplinaire (phase 1) nécessaires au passage à une société plus durable.

Engagement et méthode de travail de la SCNAT dans le dialogue avec les politiques

Les organes de milice et le bureau de la SCNAT

La SCNAT accueille actuellement plus de 50 comités d'experts rassemblant près de 500 spécialistes venant des établissements d'enseignement et de recherche suisses et de la pratique. Une dizaine de ces comités (les forums) sont explicitement dédiés aux grands défis complexes posés à long terme à notre société : ils traitent le savoir dans l'état actuel des connaissances, dégagent des possibilités d'action et indiquent leurs conséquences et les font valoir dans le dialogue avec les politiques et la société. Étant donné que beaucoup de problèmes actuels et futurs ne peuvent pas être traités dans un forum unique, il est important qu'ils communiquent entre eux et collaborent, même au-delà de la SCNAT.

Les miliciens évoluent en général dans un milieu professionnel très exigeant et extrêmement concurrentiel et disposent donc de peu de ressources de reste pour cet engagement. La SCNAT les soutient par un personnel scientifique compétent qui organise la collaboration entre les spécialistes, élabore des produits concrets avec l'assistance qualifiée des comités, entretient en continu les contacts avec les milieux scientifiques et politiques et prépare donc le terrain pour que les excellents oratrices et orateurs de la science puissent se produire sur la «scène» du dialogue aux endroits les plus divers.

Détermination des thèmes à l'agenda

Dans son contenu, l'agenda du dialogue avec les politiques est tout d'abord déterminé par les résultats de l'identification précoce des problèmes – qui fait partie du mandat légal des académies. La SCNAT s'inspire des problèmes et défis qui concernent la société et qui sont ou seront d'importance à moyen ou à long terme. Elle établit un ordre de priorité parmi ces thèmes, se dote du savoir nécessaire et s'assure d'intervenir au bon moment et sous la bonne forme sur les sujets les plus importants dans le dialogue avec les politiques et dans le débat public.

Ensuite, la SCNAT s'inspire aussi de l'agenda politique, sachant très bien que c'est au moment des débats politiques sur les problèmes qui concernent la société que les besoins en conseil scientifique sont les plus importants. La SCNAT s'efforce donc aussi d'apporter conseil et assistance aux politiques face aux problèmes de court terme. Les thèmes à l'agenda du dialogue avec les politiques, surtout relatifs aux défis à long terme, sont donc déterminés en tenant également compte de la fluctuation des besoins en fonction du cycle politique. Ceci exige une bonne connaissance du système pour le Problem Framing, du but pour l'élaboration des politiques, de la transformation pour la mise en œuvre des politiques et de l'évaluation pour l'examen des politiques (Queevauviller et al. 2005; Wuelser et al. 2012).

Dialogue avec tous les acteurs pertinents du monde politique et de la société

Dans son dialogue avec les politiques, la SCNAT souhaite entrer en contact avec un panel aussi large que possible et dialoguer avec tous les acteurs pertinents de la sphère politique et de la société. Les groupements et facteurs intervenant dans la démocratie suisse sont bien trop divers et multiples pour qu'il soit possible d'établir un dialogue efficace avec les politiques sur les problèmes de longue durée posés à la société en se limitant à des interlocuteurs isolés (une seule commission parlementaire, un seul office fédéral, un seul parti politique, etc.). Il importe donc de bien connaître et de bien comprendre le paysage politique et sa diversité d'acteurs: l'exécutif et le législatif et leurs acteurs (instances collégiales, personnalités, secrétariats, etc.), bien entendu, mais aussi l'administration, les partis et leurs secrétariats, les organes de coordination cantonaux, les associations et confréries, les praticiens, les multiplicateurs, les journalistes, etc.

Il importe également de comprendre les mécanismes politiques, en particulier le processus législatif au sens large du terme. Il existe en politique une phase en quelque sorte non publique au cours de laquelle les problèmes sont discutés à différents niveaux, dont celui de l'administration publique. La SCNAT essaie, par des rapports de confiance avec les groupes susceptibles d'y participer, d'être présente dans le débat dès cette phase précoce car c'est souvent à ce moment-là que se prépare le processus législatif formel en lui-même, sous la forme d'ébauches de lois ou d'ordonnances, par exemple. Pour le dialogue entre sciences et politiques, cette phase non officielle est très importante dans la mesure où c'est celle dans laquelle les arguments cohérents peuvent le mieux se faire entendre. Plus un projet législatif est avancé dans la procédure formelle, plus la voix de la science a du mal à percer car d'autres intérêts et impératifs légitimes (financiers, d'acceptation sociale, etc.) prennent plus d'importance pour les acteurs politiques.

Des canaux d'information et structures de dialogue très divers

Agissant à l'intersection entre science et politique, la SCNAT utilise une grande variété de canaux d'information et de communication qu'elle choisit en fonction des situations. Seule cette stratégie lui permet d'alimenter un dialogue qu'elle veut le plus large possible et de le maintenir actif. Elle recourt typiquement aux outils suivants : fiches d'information, newsletters, rapports, vidéos, manifestations publiques et privées diverses (conférences, ateliers, briefings, etc.), interventions au niveau d'instances importantes (commissions parlementaires, associations professionnelles, etc.), portails thématiques sur le Web, réseaux sociaux, etc.

Pour utiliser ces canaux le plus efficacement possible, la SCNAT adapte le contenu et la forme de ses messages au public visé. Ce deuxième aspect, notamment, est très important. Le langage utilisé, la clarté de l'exposé et sa présentation sont souvent déterminants pour la bonne réception du message. Là aussi, la SCNAT met un point d'honneur à employer un personnel qualifié dans son bureau pour porter assistance aux organes de milice des forums et assurer un lien continu avec le système politique. Elle s'assure par ailleurs du concours de scientifiques renommés dotés de véritables dons d'orateur qui interviennent de manière stratégique sur le terrain préparé par le bureau de la SCNAT pour répondre aux questions des politiques.

Assurance qualité pour les produits imprimés

Dans la SCNAT, tous les documents imprimés en vue du dialogue avec les politiques sont soumis à un processus d'assurance qualité composé de trois éléments principaux:

  1. Supervision stratégique par le comité de la SCNAT: celui-ci estime sur la base de critère préétablis si un produit doit être élaboré ou non et donne, le cas échéant, son aval pour sa réalisation; un délégué du comité assure alors l'accompagnement stratégique du produit pendant son élaboration; le comité autorise ensuite la publication du produit après une évaluation finale.
  2. Étayage scientifique par des comités d'experts: tous les produits sont élaborés dans un processus itératif par les organes de milice (comités d'experts) des forums élus par le comité de la SCNAT ou par des groupes de projet mis en place par leurs soins. Les membres des forums et des groupes de projet sont choisis en fonction de leur compétence scientifique dans un souci de diversité dans la représentation des disciplines. Ainsi, les sciences sociales y sont en général également bien représentées. Toutes les personnes engagées dans les comités et les projets doivent déclarer par écrit les intérêts auxquels elles sont liées et ces informations peuvent être rendues publiques sur demande.
  3. Produits: en plus d'être scientifiquement justes, tous les produits doivent répondre à un cahier des charges bien défini. Une grande importance est ainsi accordée à l'intelligibilité, à l'objectivité scientifique et à la transparence. Là où cela est possible, des possibilités d'action sont indiquées aux politiques pour les soutenir dans leur action. La SCNAT évite en revanche d'émettre des prescriptions, à moins que les politiques aient déjà décidé d'un cadre d'action très spécifique auquel il convient de répondre par des recommandations tout aussi spécifiques.

En tant qu'institution indépendante, la SCNAT se refuse à toute prise de parti dans ses expertises et met un point d'honneur à rendre publics tous ses produits, y-compris ceux qui ont été élaborés pour un commanditaire. De même, la SCNAT n'émet aucune recommandation de vote, à moins que son objet concerne directement les intérêts légitimes du milieu scientifique dans son ensemble. Les documents de fond relatifs à un projet soumis à votation sont publiés au moins deux mois avant le vote; la SCNAT se limite ensuite à réagir dans le cadre des activités médiatiques habituelles, si elle est consultée.

Cas d'exemple: dialogue tous azimuts sur l'érosion de la biodiversité

L'entretien du dialogue entre sciences et politiques est l'une des priorités de la SCNAT depuis le début des années 1990. Elle se concentrait alors sur le problème du changement climatique bientôt complété par celui de la perte de biodiversité. Le cas d'exemple présenté ici montre bien les dimensions que peut prendre un dialogue portant sur des problèmes concernant plusieurs générations. En fin de compte, le soutien que peut apporter la science à une politique fondée sur des preuves factuelles exige la mise en jeu continue et synergique d'une grande variété d'activités et d'instruments ciblant tout l'éventail des acteurs du monde politique et de la société.

En 1994, la Suisse ratifiait la Convention de l'ONU sur la diversité biologique qui exigeait notamment l'élaboration d'une stratégie nationale sur la biodiversité. La SCNAT a alors pris le problème de l'érosion mondiale de la biodiversité à bras le corps et soutient depuis ce temps les éléments actifs dans ce domaine dans le monde politique et la société à travers son Forum Biodiversité Suisse en recourant à tout l'éventail possible de canaux d'information et de communication.

Par une approche extrêmement large, la SCNAT nourrit la politique avec les connaissances scientifiques qui lui sont nécessaires (rapports et fiches). Elle souligne alors les interdépendances avec d'autres problématiques, indique des besoins d'action et les options envisageables, soutient les débats publics et non publics permettant aux participants de se forger une opinion, conseille les acteurs étatiques et politiques lors des processus législatifs, informe les décideurs les plus haut placés de façon ciblée, relie politique, économie et société et favorise une meilleure compréhension du public pour les questions de biodiversité. Cet engagement a traversé en trois phases: 1) sensibilisation des politiques et de la société au problème de l'érosion de la biodiversité (années 2000); 2) soutien actif à l'élaboration d'une stratégie Biodiversité pour la Suisse (années 2009–2012); 3) conseil et assistance dans l'élaboration de politiques concrètes (plan d'action Biodiversité, catalogues de mesures, politiques sectorielles; depuis 2012) et leur couplage avec une politique globale de développement durable de la Suisse (Agenda 2030) – tout ceci sur des bases rigoureusement scientifiques. Les principaux produits et activités suivants ont marqué ces trois phases:

Dialogue en faveur du développement durable

Comme cela a déjà été indiqué en préambule, la SCNAT se préoccupe surtout des défis auxquels la société est confrontée à long terme. Cette longue échéance lui donne la possibilité de mettre en place et d'entretenir des réseaux de relations solides aussi bien au sein de la communauté scientifique qu'entre sciences et politiques. Elle se met ainsi en position de pouvoir traiter des questions de moyen et de long terme mais aussi de pouvoir réagir rapidement aux demandes plus urgentes des politiques dans ces domaines.

Parmi les thèmes ayant une importance politique, la SCNAT accorde pour le futur une forte priorité à ceux qui ont trait à la transformation de la société dans une optique de développement durable. Là encore, il s'agit pour elle de créer et de soutenir des réseaux (de recherche) et de gérer des plateformes d'échanges entre sciences, politiques et société. Ici, toutefois, la forte interdépendance des objectifs de développement durable de l'Agenda 2030 exige des collaborations inter et transdisciplinaires encore plus intenses que ce n'était le cas jusqu'à présent. Dans le cadre d'une série d'ateliers, de premiers grands domaines thématiques ont été identifiés par plus d'une centaine de participantes et participants venus de la recherche, de l'administration et de la politique: systèmes d'alimentation respectueux de l'Homme et de la planète; développement durable et développement territorial; société à zéro émissions nettes de gaz à effets de serre; systèmes économiques et financiers favorables au développement durable; valeurs communes, visions et pistes conduisant au développement durable et gestion des synergies, des conflits et des questions transversales (Wuelser et al., 2020).

La SCNAT continuera de faire avancer le dialogue avec les politiques sur ces sujets et bien d'autres car il n'existe pas d'autre solution pour l'avenir qu'un fort engagement en faveur de la durabilité. L'académie mettra donc tout son poids pour que les institutions du domaine FRI s'engagent encore plus dans le dialogue avec les politiques en unissant leurs forces respectives – conformément à leur responsabilité commune de favoriser une politique fondée sur les preuves scientifiques.

Jürg Pfister est secrétaire général de la SCNAT et René Schwarzenbach est président de la Plateforme Sciences et Politiques de la SCNAT.


Références

  • Messerli, P., Pohl, C. & Neu, U. (2015). Mit Wissenschaft die Politik erreichen. Swiss Academies Reports 10 (5)
  • Quevauviller P., Balabanis P., Fragakis C., Weydert M., Oliver M., Kaschl A., Arnold G., Kroll A., Galbiati L., Zaldivar J. M. & Bidoglio G. (2005). Science-policy integration needs in support of the implementation of the EU Water Framework Directive: Environmental Science & Policy: 203–211
  • Wuelser G., Chesney M., Mayer H., Niggli U., Pohl C., Sahakian M., Stauffacher M., Zinsstag J., Edwards P. (2020). Priority Themes for Swiss Sustainability Research. Swiss Academies Reports 15 (5)
  • Wuelser, G., Pohl, C. & Hirsch-Hadorn, G. (2012). Structuring complexity for tailoring research contributions to sustainable development: a framework. Sustainability science 7(1): 81–93

Auteurs : Dr Jürg Pfister, Prof. Dr René P. Schwarzenbach

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