Psoriasis: traitement personnalisé d’une maladie génétique complexe

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On sait aujourd’hui que de nombreux gènes sont impliqués dans l’apparition de nombreuses maladies, mais aussi que des facteurs environnementaux jouent un rôle considérable. En tout état de cause, les analyses génétiques peuvent grandement contribuer à un traitement ciblé.

Le psoriasis est une maladie de la peau largement répandue. En Suisse, elle touche environ deux à trois pour cent de la population. Cette maladie peut survenir à tout âge aussi bien chez les femmes que chez les hommes. Sa présentation clinique est variable. Le plus souvent elle se manifeste sous forme de plaques et papules chroniques, récurrentes et écailleuses.

Le psoriasis - un signal d’alarme

Le psoriasis est provoqué par une réaction excessive du système immunitaire d’un organisme envers ses propres tissus et il est donc considéré comme une maladie auto-immune. Cette pathologie résulte de l’interaction de facteurs environnementaux et de prédispositions génétiques impliquant plus de 40 gènes.

Du point de vue de la santé personnalisée le psoriasis est un bon exemple car l’apparition de cette maladie est souvent associée à l’hypertension, à des troubles du métabolisme, à des cardiopathies coronariennes et à des pathologies imperceptibles. Par conséquent, le psoriasis peut être interprété comme un indicateur de la présence éventuelle de maladies sous-jacentes.

Les analyses génétiques permettent de réduire les coûts et de limiter les effets secondaires

Étant donné que les facteurs environnementaux ont un effet non négligeable sur l’apparition du psoriasis, la génétique ne permet de calculer que grossièrement le risque de développer la maladie; les antécédents familiaux fournissent d’ailleurs des indices bien plus fiables qu’une analyse génétique. Les analyses génétiques sont utiles néanmoins car elles permettent d’éviter des coûts de traitements inopérants et de prévenir des effets secondaires.

Les médicaments disponibles les plus efficaces agissent de manière ciblée contre les médiateurs responsables de l’inflammation. Ces médicaments n’entraînent que relativement peu d’effets secondaires indésirables. Mais ils sont inefficaces chez pratiquement 50 pour cent des malades. Vu que le coût annuel d’une telle thérapie peut s’élever jusqu’à 35 000 Francs Suisses, il est souhaitable de savoir par avance si une personne y sera sensible ou non. Le génotype du patient permet maintenant de déterminer avec une probabilité de plus de 90 pour cent si l’un de ces médicaments aura l’effet escompté ou non.

Une analyse génétique peut aussi s’avérer très utile pour des remèdes plus classiques. Afin de lutter contre le psoriasis, on utilise parfois certains immunosuppresseurs. Le principe actif de l’un d’entre eux est dégradé par une enzyme spécifique qui s’avère inactive dans une petite minorité de la population (0,3 pour cent). Chez ces personnes, on observe la formation de métabolites toxiques susceptibles d’endommager la moelle osseuse. C’est pourquoi, avant toute thérapie, on effectue une analyse de la séquence génétique correspondante et on teste l’activité de l’enzyme en question.

En présence de psoriasis, les analyses génétiques permettent donc de sélectionner un traitement plus ciblé et plus rentable et aident à éviter des médicaments qui risquent d’entraîner de lourds effets secondaires.

Septembre 2018


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Littérature

Eckhardt A et al (2014) Personalisierte Medizin. Studie des Zentrums für Technologiefolgen-Abschätzung TA-SWISS. Zürich: vdf Hochschulverlag. Lien

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