Pourquoi ne pas simplement abolir l'expérimentation animale?

Ne devrait-on pas abolir l’expérimentation animale en Suisse ?

Cela serait une façon simple de calmer sa conscience en ayant fait quelque chose pour protéger les animaux. Mais en interdisant ces expériences en Suisse, on n’empêcherait pas qu’elles se fassent à l’étranger. Elles seraient alors réalisées éventuellement hors d’Europe, où les conditions en matière de protection des animaux sont souvent moins strictes qu’en Suisse.

La Suisse a l’une des lois les plus sévères sur la protection des animaux. On peut donc se demander si vouloir interdire l’expérimentation animale dans un pays où elle est sévèrement contrôlée contribue à la protection des animaux. Pour être logique, il faudrait renoncer à des médicaments et à des thérapies qui seraient le fruit de recherches et de développements réalisés à l’étranger dans de moins bonnes conditions de protection des animaux.

Pourquoi l’expérimentation animale n’est-elle pas interdite pour les cosmétiques ?

De facto, l’expérimentation animale n’est pas autorisée en Suisse pour les cosmétiques. Elle ne remplit pas les conditions requises à l’art. 137 de l’ordonnance sur la protection des animaux pour obtenir une autorisation. Le Conseil fédéral a émis un avis à ce sujet à la suite d’une motion parlementaire : « En Suisse, les expériences sur les animaux ne sont autorisées que si elles sont indispensables. C'est pourquoi les expériences qui peuvent causer des contraintes aux animaux doivent être limitées à l'indispensable (art. 17 de la loi sur la protection des animaux; RS 455). L'expérimentation animale pour les produits cosmétiques ne satisfait pas aux exigences en vigueur (art. 137 al. 1 de l'ordonnance sur la protection des animaux, OPAn; RS 455.1). Aujourd'hui déjà, les cosmétiques ne peuvent donc plus être testés sur les animaux, même s'il n'existe aucune interdiction explicite. Il y a plusieurs années, une autorisation a cependant été accordée pour tester les filtres UV des produits solaires, mais uniquement parce que les expériences concernées servaient clairement à préserver la santé de l'homme ; les exigences de l'article 137 étaient par conséquent remplies. »