• 03.01.2017
  • Communiqué de presse

Un mystérieux poisson de l’année 2017 : la petite lamproie!

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Peu connue, pleine de mystères, existentiellement menacée : la petite lamproie est le poisson de l’année 2017 ! Avec le choix de la minuscule et insignifiante petite lamproie, la Fédération Suisse de Pêche FSP veut envoyer un signal fort : sans des milieux aquatiques naturels ou revitalisés, la Suisse voit disparaître toujours plus d’espèces de poissons – les célèbres tout autant que les inconnues !

Dans un concours de beauté elle n’aurait aucune chance : la petite lamproie ressemble à un gros ver ou à une petite anguille. Mais à y regarder de plus près, cette espèce de poisson des plus archaïques nous étonne par ses nombreuses particularités. Cela commence par sa dénomination allemande « Neuaugen », littéralement « neuf yeux » … que l’on cherche en vain ! Il y a plusieurs siècles, les sept orifices branchiaux arrondis et la narine centrale de la petite lamproie ont été considérés à tort comme des yeux. Son anatomie est également unique. Elle ne possède qu’une colonne vertébrale primitive de tissu conjonctif, et n’a ni os ni mâchoire. Les lamproies font partie des derniers survivants du groupe des animaux vertébrés les plus primitifs et n’ont pratiquement pas évolué depuis 500 millions d’années.
Cette mystérieuse espèce de poisson demeure presque invisible en pleine nature. Issues des oeufs, les larves vermiculaires (ammocètes) se développent et grandissent enfouies dans les sédiments durant trois à cinq ans. La petite lamproie ne s’extrait du fond des cours d’eau qu’une seule et unique fois au cours de sa vie. Sa transformation commence à la maturité sexuelle qui survient après trois à cinq années de vie et lorsqu’elle atteint une longueur jusqu’à 15 centimètres. C’est à ce moment que se forme sa bouche en ventouse caractéristique des cyclostomes. Ses yeux se développent et les ovules ou le sperme parviennent à maturité. Simultanément, le tube digestif se résorbe. Dès qu’elles sont matures, les petites lamproies cessent de s’alimenter et se préparent à la fraie, qui voit les femelles se fixer avec leur bouche en ventouse à une pierre alors que les mâles s’enroulent autour d’elles. Peu après l’accouplement nuptial, elles meurent.
Les larves de la petite lamproie vivent enfouies dans le fond des petits cours d’eau jusqu’à leur maturité sexuelle. Dès lors, entre avril et juin, elles dégagent en frétillant de petites frayères sur des fonds de sable ou de gravier – le plus souvent après un parcours de plusieurs kilomètres et en groupes allant jusqu’à 20 individus. Cependant, comme l’indique la Fédération Suisse de Pêche FSP, la menace sur ces frayères est grandissante : « Dans un pays comportant des dizaines de milliers d’obstacles à la migration construits dans des habitats aquatiques artificialisés, cela constitue des écueils mortels. Les grands fleuves et les lacs font naturellement partie d’un réseau hydrologique intact mais s’y ajoutent également les dizaines de milliers de kilomètres de petites rivières et de ruisseaux, dont les zones de grossissement sont essentielles pour la survie de nombreuses espèces.

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