• 03.11.2016
  • Communiqué de presse
  • Académies suisses des sciences

Les glaciers ont continué de fondre en 2016, mais pas autant que l’an dernier

Lac glaciaire sur le glacier de la Plaine Morte (en dessus de Montana, Valais et de la Lenk, Berne). Ce lac est apparu il y a quelques années seulement. Ses vidanges rapides et subites constituent un danger pour la population le long de la rivière de la Simme, car elles peuvent causer des crues importantes.
Image: GLAMOS
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Lac glaciaire sur le glacier de la Plaine Morte (en dessus de Montana, Valais et de la Lenk, Berne). Ce lac est apparu il y a quelques années seulement. Ses vidanges rapides et subites constituent un danger pour la population le long de la rivière de la Simme, car elles peuvent causer des crues importantes.
Lac glaciaire sur le glacier de la Plaine Morte (en dessus de Montana, Valais et de la Lenk, Berne). Ce lac est apparu il y a quelques années seulement. Ses vidanges rapides et subites constituent un danger pour la population le long de la rivière de la Simme, car elles peuvent causer des crues importantes. (Image: GLAMOS)

Après d’abondantes chutes de neige en mai et en juin, la situation se présentait bien pour les glaciers suisses. La couverture neigeuse est restée longtemps intacte – un phénomène auquel on n’avait pas assisté depuis bien des années. Mais la fin de l’été trop chaude a entraîné une fonte plus importante. On estime que, pour l’ensemble des glaciers suisses, le volume de glace a diminué de 900 millions de mètres cubes entre octobre 2015 et septembre 2016.

En raison des températures extrêmement douces et de la grande sécheresse qui s’est prolongée jusqu’au mois de décembre, l’hiver 2015/2016 n’a en réalité commencé qu’en janvier. Souvent, la neige était pratiquement absente sur les pentes ensoleillées. Sur les champs de mesure horizontaux, elle atteignait une épaisseur maximale de 50 cm, y compris dans les stations de très haute altitude. Selon les relevés effectués sur le Weissfluhjoch (2540 m) depuis plus de quatre-vingts ans, il faut remonter à la fin décembre 1948 pour constater un enneigement plus faible. Les conditions météorologiques ont été dominées par des courants ouest et sud-ouest, avec parfois de fortes précipitations. Le manque de neige a ainsi été compensé dès le mois de janvier dans les Alpes occidentales, mais seulement en mars en Suisse centrale et orientale. Au sud, la neige n’est tombée en abondance qu’en février.

A partir de la mi-avril jusqu’à la fin mai, les températures ont été nettement plus fraîches. En raison des chutes de neiges répétées, le climat des Alpes suisses aura été, dans l’ensemble, plus hivernal que printanier. Début juin, l’épaisseur de la couche de neige était, dans le meilleur des cas, moyenne sur le versant sud des Alpes, tandis que dans les Alpes orientales, on enregistrait un enneigement d’environ 20% supérieur à la normale, voire de 50% dans les Alpes occidentales. La fonte des neiges a été retardée par un mois de juin plutôt maussade et de la neige fraîche est régulièrement tombée sur les glaciers. Ainsi, à l’arrivée des premières vagues de chaleur, ils étaient encore relativement bien enneigés. Du fait de périodes plus fraîches, les conditions météorologiques restaient passables en juillet pour les glaciers. Mais ensuite, un climat estival stable en août et une première moitié de septembre caniculaire les ont fortement éprouvés.

En septembre 2016, un bilan de masse a été établi pour vingt glaciers suisses. Malheureusement, entre leur croissance due à l’accumulation de neige et leur perte de volume due à la fonte de la glace, ce bilan est négatif cette année encore – les glaciers sont, une fois de plus, «dans le rouge». Pour l’été 2016, on constate de grandes différences entre les régions. Les glaciers de l’ouest de la Suisse et de l’Oberland bernois ne présentent que des pertes d’épaisseur plutôt moyennes, d’environ 30 cm au Glacier du Tsanfleuron et au Glacier de la Plaine Morte – en 2015, ces deux glaciers étaient ceux qui montraient les pertes les plus fortes. Le sud du Valais et l’Engadine subissent en revanche de sérieuses pertes. Sur certains glaciers, la fonte s’est même accentuée par rapport à la canicule de 2015. Le Glacier de Gries, qui a perdu presque deux mètres d’épaisseur, est celui qui a le plus souffert. Le bilan de masse des glaciers en Suisse centrale et orientale reste dans la moyenne des dix dernières années: la fonte des glaciers continue. Les différences entre les versants nord et les versants sud des Alpes s’expliquent avant tout en raison d’une différence d’épaisseur de la neige en haute montagne durant l’hiver.

Par extrapolation à l’ensemble des glaciers de la Suisse, on obtient pour l’année hydrologique 2015/2016 une perte de masse estimée à environ 900 millions de mètres cubes de glace, soit une diminution qui correspond à peu près à la consommation annuelle d’eau potable en Suisse! Le volume des glaciers encore existant a donc reculé de 1,5% cette année. Comparée à la dernière décennie et aux valeurs record enregistrées en 2003, 2006, 2011 et 2015, la fonte des glaciers a été moyenne en 2016 – mais a néanmoins atteint un niveau très préoccupant.

Le réseau suisse des relevés glaciologiques (GLAMOS) est financé par l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), MétéoSuisse dans le cadre de SMOC Suisse (Système Mondial d’Observation du Climat), l’Académie suisse des sciences naturelles et swisstopo.

Contact: Dr Mathias Huss, +41 44 632 40 93 (huss@vaw.baug.ethz.ch).

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