• 17.01.2019
  • Communiqué de presse
  • Plateforme Biologie

La Suisse fait un mauvais usage de ses collections scientifiques

Collection entomologique
Image: Naturhistorisches Museum Basel
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Collection entomologique
Collection entomologique (Image: Naturhistorisches Museum Basel)

La Suisse tend à faire mauvais usage de ses vastes collections de sciences naturelles, lesquelles contiennent plus de 60 millions d'objets. À l'heure actuelle, seulement 17 % des objets sont enregistrés numériquement et donc réellement accessibles pour l'évaluation scientifique. C'est ce que montre le rapport «Importance nationale des collections suisses de sciences naturelles» de l'Académie suisse des sciences naturelles (SCNAT). Par conséquent, la SCNAT préconise d’ investir davantage pour faire en sorte que les collections constituent une infrastructure de recherche réellement efficace.

Plus de 60 millions de trouvailles d'animaux, de plantes, de champignons, de pierres, d'échantillons de sol et de fossiles sont conservées dans les musées, les universités et les jardins botaniques. Sur ce total, environ 20 millions d'objets documentent la transformation de la nature en Suisse ; le reste provient du monde entier. Les quelque 180 000 spécimens d'espèces et leurs sous-unités sont particulièrement importants, à l'instar des kilogrammes-étalons de biologie. Le rapport «Importance nationale des collections suisses de sciences naturelles» offre pour la première fois un aperçu systématique des collections des institutions publiques en Suisse.

Pour la recherche sur des sujets tels que le climat, l'agriculture (ravageurs, pesticides), les maladies transmissibles, la biodiversité ou l'utilisation souterraine (énergie géothermique, tunnels), les collections contiennent certaines données uniques. En particulier, les changements environnementaux au fil des décennies ou des siècles ne peuvent souvent être détectés qu'à l'aide d'objets de collection. Les chercheurs acquièrent constamment de nouvelles connaissances en analysant le matériel génétique ou la composition chimique à l'aide de scanners et d'autres méthodes modernes.

Les collections constituent une infrastructure de recherche

Le grand potentiel des collections pour la recherche est cependant largement inexploité en raison de l'absence de traitement, de numérisation et de mise en réseau des données. La SCNAT travaille ainsi en collaboration avec des musées, des universités et des jardins botaniques pour développer une stratégie et une plate-forme de recherche numérique. Ces partenaires souhaitent également que les collections soient reconnues comme une infrastructure nationale de recherche. La construction de ces institutions nécessitera une augmentation des investissements d'environ 14 millions de francs, à laquelle viendront s'ajouter les contributions des institutions de collection elles-mêmes. De nombreux pays européens ont déjà une bonne longueur d'avance sur la question. Pour sa part, l'Union européenne a déjà répertorié les collections 2018 comme faisant partie d’une infrastructure de recherche prioritaire.

  • Associations

Cover Factsheet collections
  • 2019
  • Académies suisses des sciences
  • Académie suisse des sciences naturelles
  • Fiche d'information

L’importance nationale des collections suisses de sciences naturelles

Agriculture, protection de l’environnement, infrastructures de transport : de nombreuses découvertes dans ces domaines sont fondées sur des connaissances provenant des collections de sciences naturelles. Plus de 60 millions d’objets sont stockés dans les différents cantons suisses. Ils ne sont cependant que difficilement utilisables pour la recherche moderne, car ils sont déterminés et classifiés de manière lacunaire et seul 17% des données relatives à ces objets est digitalisé. Pour soutenir durablement la Suisse fédérale comme place scientifique et site d’innovation, il convient de préserver son savoir d’expert et de promouvoir une infrastructure virtuelle pour la mise en réseau des collections d’objets et des bases de données. Des chercheuses et chercheurs planifient une stratégie visant à protéger les collections et à encourager leur utilisation par les scientifiques, les milieux de l’économie et la société.
National significance of Natural History Collections in Switzerland
  • 2019
  • Académies suisses des sciences
  • Académie suisse des sciences naturelles
  • Rapport

National significance of natural history collections in Switzerland

Les collections biologiques et de géosciences constituent une importante part de notre riche patrimoine scientifique et fournissent la base de ce que nous connaissons aujourd'hui de notre planète ainsi que de la façon dont nous, êtres humains, l'avons influencée. Les collections de sciences naturelles nous aident à mieux comprendre notre passé et notre présent et fournissent ainsi une base pour prédire l'avenir. Elles servent également de biobanques pour la préservation de la diversité des organismes et de la diversité génomique sur Terre. Ces collections ne doivent pas seulement être conservées, mais également complétées pour que les scientifiques puissent continuer à documenter et explorer la vie sur Terre. Avec l’émergence de nouvelles techniques d’investigation et des collections bien conservées, nous pouvons générer ainsi beaucoup de nouvelles connaissances.

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