• 30.10.2017
  • Communiqué de presse
  • Commission d'experts réseau de mesures cryosphère

Fonte des glaciers suisses : presque un nouvel été record en 2017

Réinstallation d’une balise de mesure dans la zone d’accumulation du glacier de Findelen à 3400 m.a.s.l.
Image: M. Huss
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Réinstallation d’une balise de mesure dans la zone d’accumulation du glacier de Findelen à 3400 m.a.s.l.
Réinstallation d’une balise de mesure dans la zone d’accumulation du glacier de Findelen à 3400 m.a.s.l. (Image: M. Huss)

Après un hiver court et pauvre en neige, les glaciers suisses ont souffert de vagues de chaleur en juin et en août. Entre octobre 2016 et septembre 2017, ils ont perdu environ 3 % de leur volume – ceci représente une quantité d’eau qui permettrait à chaque ménage du pays de remplir une piscine de 25 mètres. C’est ainsi que 2017 figure parmi les trois années où la fonte des glaciers a été la plus intense depuis le début des relevés, rapporte la Commission d’experts réseau de mesures cryosphère de l’Académie des sciences naturelles.

Peu avant mi-novembre 2016, pour la première fois du semestre d’hiver 2016/17, la neige est tombée en abondance en montagne. Mais cette somptueuse parure blanche a vite fait de disparaître jusqu’à haute altitude sous l’effet du fœhn. Très ensoleillé et chaud, surtout en montagne, le mois de décembre fut le plus sec et le moins neigeux depuis le début des mesures. Comme l’année précédente, la neige n’est tombée qu’au cours de janvier. Février aussi a été trop sec, avant tout dans les régions intra-alpines. Mars en revanche fut en maints endroits le seul mois de l’année plus humide qu’en moyenne. A mi-avril et au début de mai, il a neigé plusieurs fois, en partie même abondamment. En montagne toutefois, les hauteurs de neige n’ont souvent pas atteint les valeurs moyennes. Puis une seconde moitié de mai sèche et très chaude, mais surtout un mois de juin qui se classe au deuxième rang des plus chauds depuis que l’on relève les températures, ont accéléré la fonte, si bien que les montagnes se sont dépouillées de leur manteau hivernal un mois plus tôt que l’année dernière. Cette fonte précoce s’ajoutant au début d’hiver extrêmement pauvre en neige, l’épaisseur et la durée de la couverture neigeuse à haute altitude ont été plus faibles pendant le semestre d’hiver 2016/17 qu’elles ne l’avaient été depuis longtemps. Et ceci au Sud encore plus qu’au Nord. Des petits glaciers étaient déjà sans neige en juillet. Après un juillet chaud et un mois d’août torride, les températures ont été nettement au-dessous de la moyenne en septembre, ce qui s’est manifesté notamment par de nombreux jours de neige fraîche en montagne. Sans cette couche protectrice déposée en septembre, les glaciers auraient perdu encore davantage de leur masse.

Fonte des glaciers particulièrement forte entre l’Oberland bernois et le Valais

Le bilan de masse a été déterminé en septembre 2017 pour 20 glaciers suisses. Une fois de plus, la balance entre la croissance par accumulation de neige et les pertes consécutives à la fonte est fortement négative. L’été 2017 se caractérise par des pertes nettement au-dessus de la moyenne dans toutes les régions du pays. En maints endroits, les langues glaciaires se désagrègent en raison de la fonte continuelle. Les glaciers entre la partie occidentale de l’Oberland bernois et le Valais (Glaciers de Tsanfleuron, Glacier de la Plaine Morte, Griesgletscher) ont subi les plus fortes pertes, soit une diminution de l’épaisseur moyenne de glace de 2 à 3 mètres. Pour la plupart des autres glaciers, cette diminution est de 1 à 2 mètres, ce qui est considérable. Les plus faibles pertes d’épaisseur – elles ont été relevées au glacier du Rhône et sur des glaciers de la région du Gothard – sont encore d’un bon mètre.

1,5 milliards de mètres cube de glace en moins

Pour l’année hydrologique 2016/17, la perte de volume estimée par extrapolation à tous les glaciers de Suisse s’élève à quelque 1'500 millions de mètres cubes. Le volume de glace existant encore aujourd’hui a ainsi diminué de 3 % pendant cette année. La fonte a été extrême pendant l’été 2017 – au niveau national, les glaciers ont perdu encore plus de glace que pendant l’été caniculaire de 2015 et à peu après autant qu’en 2011. Mais les pertes record de 2003 n’ont pas été tout à fait atteintes. Un siècle de mesures sur le glacier de Clariden, dans le canton de Glaris, confirme que 2017 figure parmi les trois années où la fonte a été la plus intense.

Un nouveau portail thématique sur la neige, les glaciers et le pergélisol

Un portail web qui vient d’être mis en ligne (cryosphère.ch) rend accessibles, sous forme de graphiques interactifs, les séries suisses de mesures, uniques en leur genre au monde, sur la neige, les glaciers et le pergélisol et explique les interactions entre ces manifestations du froid. Il expose et commente des séries choisies de mesures de longue durée, qui décrivent l’évolution de la longueur et du bilan de masse des glaciers. Ce portail est publié par la Commission d’experts réseau de mesures cryosphère.

Le Réseau suisse des observations glaciaires (GLAMOS) est financé par l’Office fédéral de l‘environnement (OFEV), MétéoSuisse dans le cadre du GCOS Suisse, l’Académie suisse des sciences naturelles et swisstopo.

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Commission d'experts réseau de mesures cryosphère

Vue sur le Cervin depuis le Nord-Est (Modèle numérique de terrain et ortho)

Neige, glaciers, pergélisol

En Suisse, il existe de nombreuses séries d’observation de l’évolution de la neige, des glaciers et du pergélisol uniques dans les Alpes. La commission d’experts de la cryosphère (CEC) est en charge de ces mesures et a pour tâche principale la documentation des changements de la cryosphère alpine sur le long terme. Ce portail présente une sélection de séries d’observation dans le domaine de la neige, des glaciers et du pergélisol et en explique les implications.