• 15.01.2020
  • Communiqué de presse
  • Plateforme Chimie

Un «Chemical Landmark» à Bâle en l’honneur de Paracelse

Buste de Paracelse au Musée de la Pharmacie de l'Université de Bâle.
Image: Daniel Spehr
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Buste de Paracelse au Musée de la Pharmacie de l'Université de Bâle.
Buste de Paracelse au Musée de la Pharmacie de l'Université de Bâle. (Image: Daniel Spehr)

Le médecin et alchimiste suisse Paracelse a révolutionné la médecine et ouvert la voie de la biochimie moderne. Il y a près de cinq cents ans, il a exercé et enseigné dans la ville de Bâle. La maison Zum Vorderen Sessel, où il a notamment travaillé, reçoit maintenant le titre de Lieu historique de la Chimie.

L’Académie suisse des sciences naturelles (SCNAT) rend hommage à l’œuvre du médecin, alchimiste et philosophe de la nature suisse en attribuant le titre de «Chemical Landmark 2020» à l’un des sites qui ont marqué sa vie. A travers ces distinctions, la SCNAT honore les lieux qui ont joué un rôle marquant dans l’histoire de la chimie en Suisse ou qui ont vu œuvrer des chimistes importants. Paracelse a été nommé médecin municipal de Bâle en 1527 et c’est au numéro 3 de la Totengässlein, dans la maison Zum Vorderen Sessel qui abrite aujourd’hui le Musée de la pharmacie de l’université de Bâle, qu’il a exercé. Une plaque commémorative va maintenant être apposée à la mémoire du médecin aussi célèbre que controversé.

Il préférait la pratique à la théorie

Lorsqu’il était à Bâle, Paracelse, de son vrai nom Théophrastus Bombast von Hohenheim, était au sommet de sa carrière. Sa position lui permettait d’exposer publiquement ses thèses sur la médecine – et elles étaient loin de faire l’unanimité. Il critiquait ainsi violemment le fait que les médecins suivent les préceptes d’Hippocrate, de Galien ou d’Avicenne, reconnus depuis des siècles, sans les confronter à la réalité. Il critiquait la croyance en la théorie des humeurs selon laquelle l’état de santé, ou l’apparition de maladies, dépendait des proportions de gale noire, de lymphe, de gale jaune et de sang dans le corps. Selon lui, l’important n’était pas de croire quelque chose mais de le savoir. Au lieu de répéter machinalement les enseignements théoriques qu’ils ont reçus, les médecins devaient plutôt agir en fonction de leur expérience pratique. Paracelse a été l’un des premiers à considérer que la connaissance scientifique de la nature était essentielle à une médecine efficace.

Sa compréhension des processus se déroulant dans le corps humain fait de Paracelse un précurseur de la biochimie et de la toxicologie modernes. Il imaginait par exemple une sorte «d’alchimiste intérieur» qui séparerait les matières nutritives des poisons et ferait en sorte que les premières soient assimilées tandis que les seconds seraient expulsés. Il appliquait également ce principe de la séparation du pur et de l’impur à la préparation des médicaments: la substance d’origine était décomposée en ses composants purs qui étaient ensuite réassemblés en de nouveaux composés chimiques. Son enseignement le plus célèbre, «Tout est poison, rien n’est poison; c’est la dose qui fait le poison», est l’un des fondements de la toxicologie moderne. C’est sur ce principe que sont basés le concept de toxicité et les relations dose-réponse qui décrivent les rapports entre la quantité d’un produit (pharmaceutique) et son effet.

Comme beaucoup d’alchimistes, Paracelse était fasciné par le mercure et il a fait des observations capitales sur ses propriétés chimiques. Il a par ailleurs été l’un des premiers scientifiques occidentaux à étudier le zinc. Il le qualifiait de «Zincken», dénomination qui a probablement conduit à son nom actuel. Son intérêt pour la chimie inorganique et pour l’utilisation des composés inorganiques en médecine fait de Paracelse un précurseur dans le domaine des thérapies à base de complexes métalliques qui sont aujourd’hui utilisés dans le traitement du cancer, notamment.

Il préférait l’allemand au latin

Mais ce n’est pas uniquement à sa critique de la médecine classique que Paracelse devait ses nombreux détracteurs. En enseignant en allemand et en choisissant cette langue plutôt que le latin pour ses écrits, il permettait également aux non-lettrés d’avoir accès à son savoir. Il tenait d’autre part à intégrer les connaissances non-académiques des barbiers de village, des guérisseurs et des bonnes femmes dans ses préceptes. Son tempérament colérique n’arrangeait rien. Après avoir brûlé publiquement des manuels de médecine classique, l’opprobre fut telle qu’il dut fuir la ville dès 1528.

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Festivités en l’honneur du Chemical Landmark 2020

Les célébrations ont été reportées à novembre 2021 pour des raisons de covid. L’université de Bâle et le Musée de la pharmacie organiseront une semaine Paracelse proposant des visites guidées, des ateliers et un cours d’alchimie. Informations sur le programme

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